LA PSYCHOLOGIE REDECOUVRE LE POUVOIR DU PARDON
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Le pardon est un message clé de l’Evangile. Convaincu de la force du pardon, le Dr. Robert Enright, psychologue, a fondé en 1994, un Institut international du pardon, pour mettre en oeuvre des années de recherches sur la pratique du pardon et sur l’efficacité du pardon pour la guérison personnelle. A l’origine, la psychologie thérapeutique était centrée sur le soulagement de la souffrance émotionnelle. Mais ceux qui l’ont fondé n’avaient pas cette vision particulière du monde de l’Evangile et dans certains cas la rejetaient même de façon catégorique. La psychologie a traditionnellement progressé sur un chemin qui ne laissait aucune place à la Grâce. Ce qui a changé c’est la notion selon laquelle les personnes peuvent et doivent accueillir ce qui est positif et bon. Les philosophes et les théologiens ne seraient pas surpris par cela. Ils nous diraient même que ces idées ne sont pas nouvelles mais bien anciennes. Pour les psychologues toutefois, ceci est une révélation. Une partie de cette « nouvelle découverte » du bien, est le pardon. L’efficacité du pardon en tant que thérapie est très variable. L’une des raisons en expliquant le succès mitigé de la thérapie est le temps et l’attention que le thérapeute accorde à son client. Il faut du temps pour pardonner une injustice profonde. On insiste trop souvent sur une thérapie « brève » qui ne donne pas au patient suffisamment de temps pour faire le cheminement thérapeutique douloureux du pardon. Les étapes d’une guérison à travers le pardon sont multiples : Une autre des raisons du succès observé avec la thérapie du pardon est le principe de laisser la personne suivre son propre cheminement de pardon. L’essentiel de ce cheminement se traduit ainsi : tout d’abord la personne doit reconnaître qu’elle a été traitée injustement, elle doit reconnaître humblement qu’elle a été émotionnellement blessée et qu’elle est réellement furieuse. Ensuite, si elle souhaite entreprendre une thérapie du pardon, elle doit comprendre ce qu’est le pardon et ce qu’il n’est pas. Par exemple, lorsqu’une personne pardonne à une autre, elle n’est pas en train de tolérer, excuser ou oublier le tort qui lui a été fait. Les deux personnes peuvent se réconcilier mais pas nécessairement. Pardonner signifie réduire son ressentiment et faire croître sa bienveillance et son amour envers une personne qui a été injuste. Ceci est un choix individuel, un acte de volonté. Se réconcilier signifie que les deux personnes reviennent ensemble et retrouvent une confiance mutuelle. Mais pour cela la coopération des deux parties est nécessaire. On peut pardonner l’offense tout en restant méfiant. Il est bon qu’ensuite la personne s’engage dans le « pardon cognitif ». Il s’agit de pensées et d’affirmations de pardon envers la personne qui a été injuste. Ce pardon cognitif peut se faire intérieurement, sans s’adresser à la personne qui est à l’origine de l’offense. Le pardon cognitif suppose entre autres le fait de considérer la personne dans son ensemble, sans la définir uniquement par ses actions mauvaises. Nous valons tous plus que nos actions. Nous sommes des personnes vulnérables. Nous sommes des enfants de Dieu. Après le pardon cognitif vient le pardon émotionnel : la personne s’ouvre à la compassion et à l’amour envers cet enfant de Dieu qui l’a blessée. Ceci est difficile et peut prendre du temps. Certaines personnes ne sont pas prêtes pour cette démarche et il faut les respecter. Cette compassion qui grandit dans le cœur humain envers des personnes qui ont été ou sont profondément injustes, reste un mystère pour nous. Il est évident que la grâce de Dieu agit, nous ne possédons pas le langage pour décrire cela pleinement. La science est limitée, comme le sont toutes nos tentatives humaines pour comprendre le mystère. Au-delà du pardon émotionnel, il y a la tâche difficile de « porter le poids de la souffrance » due à ce qui s’est passé. Celui qui pardonne ne peut pas revenir en arrière et effacer le mal mais il peut, désormais, prendre la décision courageuse d’accepter la souffrance et d’être un canal pour le bien à l’égard de celui qui a offensé. (...) Dr. Robert Enright |
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