Quatre faces du chantage 1
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4/3/2008 12:06 pm |
« Si tu m’aimais vraiment… » « Attention, si tu me quittes, je vais… » « Je pourrais tellement te faciliter la vie si seulement… » Ces trois phrases sont autant de moyens qu’offre le langage du chantage pour émettre une exigence. Elles révèlent cependant des différences importantes, puisque chacune d’elles incarne un mode de chantage bien particulier. Lorsqu’on se penche sur le sujet, on découvre qu’un phénomène que l’on croyait unique présente en fait quatre ramifications aussi distinctes que les bandes de couleur qui apparaissent quand on projette un faisceau lumineux sur un prisme. Les bourreaux, ceux qui vous font savoir exactement ce qu’ils veulent – et les conséquences que vous aurez à supporter si vous n’obtempérez pas – sont les maîtres chanteurs les plus flagrants. Qu’ils s’expriment agressivement ou qu’ils bouent en silence, ils dirigent toujours contre l’autre la rage qu’ils éprouvent quand ils sont contrariés. Les flagellants, qui constituent la deuxième catégorie, retournent leurs menaces contre eux-mêmes et insistent lourdement sur la souffrance qu’ils éprouveront si on ne leur cède pas. Les martyrs excellent pour leur part dans l’art de culpabiliser. Ils vous obligent souvent à deviner leurs désirs et concluent infailliblement que c’est à vous de faire en sorte qu’ils obtiennent satisfaction. Enfin, les marchands de faux espoirs soumettent leur victime à une série d’épreuves, en faisant miroiter quelque bonheur futur en échange des concessions exigées. Chacune de ces figures manie un langage différent et donne une saveur particulière aux exigences, aux menaces et aux remontrances dont elle use pour s’imposer. D’où la difficulté d’identifier comme tel le chantage affectif, y compris quand on se fait fort d’en connaître les principales manifestations. Celui qui croit que tous les oiseaux ressemblent à l’aigle sera peut-être bouleversé d’apprendre que le cygne qui vient d’apparaître lui aussi à cette classe d’animaux. C’est une dissonance cognitive du même ordre qui se produit lorsqu’une forme inattendue de chantage affectif surgit dans votre vie. Mais, dès lors que l’on comprend les quatre faces de ce phénomène, on peut commencer à repérer ses signes avant-coureurs dans le comportement de l’autre et à mettre sur pied un système de première alerte permettant de prévoir le chantage affectif, de s’y préparer et même de le tuer dans l’œuf. Le bourreau Si je commence cette introduction au quatuor du chantage par son représentant le plus flagrant, ce n’est pas parce qu’il s’agit de la catégorie la plus courante, mais tout simplement parce que c’est la plus évidente. Il n’est guère possible de se tromper de diagnostic, car le bourreau se fâche dès qu’il perçoit la même résistance. Il peut exprimer agressivement sa colère en proférant des menaces ouvertes – je le désigne alors sous le noms de bourreau actif – ou en laissant discrètement filtrer la furie qui couve sous les cendres. Mais, indépendamment de ces différences, tous les bourreaux visent à instaurer des rapports de force totalement déséquilibrés. « On le fera à ma façon ou on ne le fera pas. » : telle semble être leur devise. Quels que soient vos sentiments et vos besoins, le bourreau y passe outre. Il les annule et vous avec. Nathalie |
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