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TOI, QUI VIENS DU LIBAN !  

3/19/2006 1:08 pm

Last Read:
4/23/2006 3:17 am

TOI, QUI VIENS DU LIBAN!
Nouvelle version d’un poème publié dans notre recueil Il s’agit d’un Rien d’Amour, en 1969, en l’honneur de Notre-Dame du Liban, qui trône sur la colline de Harissa, et sur tant d’autres hauts lieux du Liban. Il a été écrit, un jour où nous avions entrevu le martyre apocalyptique des Libanais, près de devenir apatrides...
Cet autre poème que le Maestro, le Père Joseph Waked a doté d’une musique superbe, à décroché en Europe plusieurs premiers prix.

Parmi nos gammes de splendeurs,
Les flots baptisent de caresses
Ta sandale en satin et fleurs.

Etoile de chez nous, tu tresses
Ton Trône, d’un ciel riverain
Des trônes de notre tendresse.

Brise chuchote à travers pins:
“Nous devinons vers où se penche
Ta tête en quête de divin...”

Que dis-je? As-tu dit avalanche
De neige ou... pourpre amarylis?
Et tu scintilles, blanche, blanche...

Dieu, Père, Esprit-de-Vie et Fils,
Te nomme Son Ève Nouvelle
Et Lys à diadème de lys.

Je t’écoute et ton nom épelle.
Un soleil, alphabet d’amour,
Eparpille tes étincelles.

Que vois-je? Vois, aux alentours,
Les paysages s’enténèbrent
Des voix te hèlent: “Au secours...”

Dissipe les heures funèbres.
Qu’enfin pointe pour nous le jour,
Et que l’heur en nous te célèbre!

Tu pars ? Quoi, ton cœur se fait sourd ?
Mon beau Liban pourtant t’importe !
Et tu nous lègues aux vautours ! ?

Non, tu ne peux ! A notre porte
Tu ne cesseras de frapper !...
Mais l’autre main nous réconforte...

Dans le sang de nos fils trempé,
Ton Fils ! inscrit sur nos coupoles,
Qui, mais qui saurait l’y saper ? !

Dès qu’Architecte d’acropoles
Il nous bâtit, Forts de Sa Foi,
Nous le portons de pôle en pôle.

Aussi, avions-nous mieux, de toi,
Auguré, toi, qu’à chaque page
Nous lisons fleur, oiseau, hautbois.

Ne t’avions-nous pas, sur nos plages,
Dit d’éclore, Rose-des-Bois,
Puis à même nos rocs, tes pages ?

Pourquoi décrètes-tu, pourquoi,
Que Paix nous prive de sa face,
Que ton Roi ne soit plus le Roi ?

Tu ne m’entends ? Réponds, de grâce,
Les tiens, où les jetteras-tu ?
Quel Temps les prendrait, quel Espace ?

Sombre chaos ! Et tout s’est tu...
Rien ne s’attendrit, rien ne pense...
Que ce labyrinthe est tortu !

Sans boussole-astre, sans enfance,
Qui l’aurait cru ! nourris de fiel,
Nous, apatrides en errance ! ?

Si loin des mers, des pleurs de sel
De nos murex et des clairières,
Tout part... garde la Terre d’El...

Pouvoir, sans cela, rester fière,
O Dame en blanc, depuis le temps
Que tu recules tes frontières !

D’où viens-tu sinon du Liban,
Quand l’Élu des élus t’appelle :
« Fiancée, ô flacons d’oliban,

« Rappelle-toi je me rappelle,
Moi, le jour où sous le plus beau
Ciel, te sacrai Belle des belles... »

Et sous Son arcade à rameaux,
Il te fit don, cadeau de noces,
D’une colombe et d’un flambeau.

Il commanda : « Que Terre endosse
Des merveilles or et bombyx.
Que tout s’incline et se déchausse... »

Et de ton sein, au jour préfix,
(Je t’entends défaillir poème)
Fit jaillir le Nouveau Phénix.

Oh ! Il t’aima comme seul aime
Et sait aimer, Dieu... d’un si fol
Amour, comme un autre Lui-même !

Doux délire ! Suprême envol !
Ne t’envole, abonde en prières.
Cèdre, plante-toi sur ce sol.

O Citoyenne à part entière
De mon pays, c’est, fleur au doigt
Que Dieu nous t’offrit Reine et Mère.

Il Lui suffit, figure-toi,
Que je veuille, pour qu’il ne meure
Que Liban-Phénicie soit...

Emue ? Oh ! Certes ! Et tu pleures...
Je sais, tu ne partiras pas.
Erigeons chez nous, ta demeure.

Liban ne manquera d’appâts,
Malgré tout... Son parc a des fraises,
Et frais son gazon sous tes pas.

O Notre Dame Libanaise,
Ma Nation, n’est-ce ton devoir ?
(Conçue afin que tu t’y plaises)

Si ce n’est ton dernier Avoir,
Le havre où ton Orient s’apaise
En Dieu, comme en son Seul Espoir...

Toujours affamés de caresses,
Tendre haleine, espiègle la tresse,
Ils s’esclaffaient... Voyons, tout doux!
Chacun veut entière tendresse?
– Qu’à cela ne tienne, ô mes fous! –
Il l’aura sans “comment?” ni “qu’est-ce?”
(Préparez-vous baisers et liesse)

Cette part, entière: le tout.

May Murr
Du recueil: Poésie Trimégiste

* May Murr, Libanaise de Bteghrine, el-Matn, est née à Aïn Saadé le 29/4/1929. Elle a épousé Alfred Murr, le 10/10/1954, originaire de Btéghrine lui aussi. Alfred né à Beyrouth, le 8/5/1928, s’est endormi dans la paix du Seigneur le 12/1/2005. *Réputé pour sa noblesse, sa délicatesse, sa droiture, son héroïsme, en même temps que son humour et surtout son amour pour tous, il a occupé et occupe dans la vie de son épouse — comme elle dans la sienne — la plus grande place d’amour et d’honneur.


Tenderwoman
with respect and love
smile468

3/19/2006 11:39 pm

Bonjour Princesse
C'est magnifique, bien au delà de certains mots empreints de chagrin, on peux ressentir la puissance de l'espoir, ainsi que l'amour du pays..

Michèle

renardcoi

3/20/2006 8:32 am

___
Bonjour belle princesse Tendresse.
__________________________________C'est vraiment un très beau poème. Signfiant. Avec des mots comme "apatrides en errance", il pourrait m[eme servir de guide pour plusieurs peuples de la région...

Merci de nous avoir fait connaître May Murr, cette poète "immense" de ton pays.

_________________________renardcoi
______________________Gi___{(*L*)}____bert

PS: juste une question: qu'est-ce qu'un "flacon d'oliban"?

tenderwoman
63 posts 

3/21/2006 12:50 pm

Merci Gilbert de poser cette question sur "flacon d'oliban", ce sont Toutes les huiles essentielles. L'encens est le premier parfum de l'humanité. Il est lié à la découverte du feu et donc des odeurs aussi différentes que les bois, les plantes, les aliments posés sur les braises. UNE ODEUR DE SAINTETÉ.
j'espère que j'ai bien expliqué et que j'ai bien répondu à ta question cher Gilbert.

Tenderwoman
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