Foot, bière et sexe: un amalgame bien pratique ....
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6/13/2006 4:08 am |
Yves Petignat Mercredi 24 mai 2006 Dans la délectation affichée par la presse française et anglo-saxonne pour s'indigner de l'ouverture, à trois stations de métro du stade olympique de Berlin, de la plus grande maison de passe d'Europe, il y a un côté, disons, un peu faux cul. D'une part, parce que l'existence de cette maison close, même si elle entend bien profiter de l'afflux de la clientèle masculine du Mondial de football, doit moins au foot qu'à la libéralisation de la prostitution en Allemagne depuis 2002, phénomène qui n'a pas soulevé l'indignation populaire, ni l'intérêt des médias jusqu'ici. D'autre part, parce que personne en Europe ne s'est beaucoup inquiété d'un autre phénomène qui menace la Coupe du monde et ses supporters: l'augmentation des actes racistes et la violence de l'extrême droite. Mais l'amalgame «foot, bière, sexe» est trop tentant, recèle assez de ferments germanophobes et de voyeurisme pour s'en passer. Même si, rigole la patronne de Psst, le premier bordel autorisé par la justice en Allemagne, il y a plus de six ans, «les supporters les plus fanatiques sont souvent trop alcoolisés pour penser à autre chose qu'à la bière». S'indigner du «repos du supporter» permet d'éviter de poser la question des politiques diamétralement opposées en matière de traitement de la prostitution en Europe. Faut-il la légaliser, comme en Allemagne, pour éviter aux filles l'exclusion sociale, la précarité et l'insécurité? Ou au contraire la repousser à la lisière des villes pour éviter d'indigner le bourgeois, comme en France, voire nier le problème en croyant supprimer la demande, comme en Suède? En tout cas, les associations féminines allemandes, qui ont lancé une campagne très médiatique contre la prostitution forcée, n'envisagent pas le retour à la situation antérieure. Mais, si elle veut réussir son Mondial de football, l'Allemagne aurait tort de se figer dans ses certitudes. Longtemps ses dirigeants ont tenté de minimiser le danger des violences d'extrême droite, refusé d'évoquer les zones de non-droit imposées de facto par la présence massive de néo-nazis. Ils n'ont réagi que lorsque les premières agences de voyages ont averti leurs clients «n'ayant pas une apparence allemande» d'éviter certaines banlieues à l'est. On souhaite qu'ils ne se réveillent pas un matin en découvrant que la prétendue «prostitution légale» est en réalité entre les mains de réseaux de proxénètes. Au football je suis avec les brasiliens viva bresil |
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