Au champ Cest sous ses ordres aux allures martiales Que les flammes endiablées redoublent d'ardeur Pour préparer les prochaines semailles Et dans la fummé qui monte en spirale Lévitent ses prières et ses larmes Ses espoirs et ses dilemmes ses quêtes et sa patience Son courage et ses souffrances.
Sur un air de ses chants incantatoires la voilà qui confie à la terre ses fatigues et ses peines sa condamnation et son innocence Son lendemain et ses peurs
Meme quand la pluie la surprend la voilà qui confie à la terre ses silences et ses confidences son audace et sa semence
Ses yeux faits pour obéir Et son regard qui tutoie l'épreuve portent les grafittis du male C'est une épouse Une soeur Une mère C'est une femme qui passe Qui rentre et qui ressort Fidèle à son sacerdoce Allégeance au male Ce sacerdoce de l'ordre du dromadaire Bête de somme Sa progéniture elle l'endosse partout.
Sous le soleil chaud de l'Afrique La voilà encore qui revient Au pas d'atlète Sur sa tête une calebasse rassasiée d'eau C'est de l'or qu'elle porte Mais devant elle cette fumé noire qui monte Confirme sa condamnation et ses peurs LA GUERRE!
Impitoyables face à ses prières Les flammes inextinguibles crachées par les armes Soulèvent la cendre mortuaire de ses libertés Emportant cruellement comme bagages Son innocence et ses souvenirs Ses efforts et sa récolte.
Les mains sur la tête C'est une épouse Une soeur Une mère C'est une femme qui pleure sa progéniture Elle ne la reverra plus Et le le sang qui coule Fraie tragiquement la route Aux éléments de la boite de Pendore.
Loin de l'arôme des pharmacie Une femme gémit Et le sang qui coule Fraie modestement le sentier A cet acte sublime qui s'accomplit sans ovations LA VIE!
Encore des grands cris Qui éffarouchent les passereaux dans leurs refuges C'est une épouse une soeur une mère C'est une femme qui pleure En vain se déba-t-elle On la viole. Et le sang qui coule trace impunément sur ses jambes tramblantes des arabesqueq de honte qui désormais l'enchainent à jamais.
O femme Femme d'Afrique et d'ailleurs Es-tu l'image de cette Afrique-mère Cette Afrque des frics Cette Afrique que l'on dénude Cette Afrique que l'on viole sans coup férir; Cette Afrique pondeuse Mais dont les oeufs vont éclore ailleurs
Pour toi Femme Femme d'Afrique et d'ailleurs j'ai tressé cette couronne Une couronne faite de traits et de lignes Couronne faite de mes mots Pour sacrer ton histoire Un combat. C'est aussi ma part de vengeance.
C'est tout ce que je peux faire de mes mains Pour aller aussi haut que l'Himalaya afin de voir encore plus loin dans ce nécropole où ta progéniture est locataire Pour hurler avec les loups et faire entendre les cris de ces corps sans vie qui peuplent ton jardin Pour faire entendre Tous ces battement de paupières qui égrainent leurs chapelets de larmes ces yeux inconsalables Témoins de tant de cauchemards.
Abandonne le chemin du rêve Même si ce n'est que là que tu peux vivre sans trêve Quoi de plus vil Que de vivre pour toujours mais sans discours Vivre en silence Ne pensant qu'aux souffrances
Quoi? Accepter de n'être Et rester las Comme la lie dans un verre vidé Comme un mot que nul ne lit
Où vas-tu? Chercher à corps perdu ta dignité Quoi? Chercher ta liberté Dans les méandres de ces discours orduriers Les discours de ces lémures qui nous dirigent
Où vas-tu? Chercher à tâton le sens de ta vie Dans ces tas de mots crasseux Repus de vacuité!
Ne crains plus Essaie de marcher Cette terre là t'appartient aussi Marche même si tu chancèle La terre restera ferme sous tes pas
Parle Je t'applaudirai Dors je veille
Ne crains pas Un pas ...puis un autre... Marche et marche encore Mais si tu n'en peux plus reste là Inerte Pour dédier cet abandon suprême A ceux qui sont tes frères mais l'ignorent.
Reste là inerte Brave cadavre Afin qu'ils contemplent les plaies inexplorées De ton âme involutée depuis des lustres Saigne, saigne encore Ils te regarderont Avec ce respect mêlé de pitié Qu'inspire un insecte mutilé Ils apporteront de l'onguent Pour tes blessures et ça sera trop tard Ils te regarderont avec des yeux neufs Car tout défunt Tu vis à jamais.
C'est un regard qui ne s'annonce pas Il agresse J'entends encore ses pas de tonnerre Sans autorisation, traverser mon âme
C'est un regard qui fulmine Gravant dans ma mémoire Desmots que ne parvient à lire Mon petit coeur analphabète
C'est un regard furieux qui transperce Tous les boucliers de mon indifférence Mais tel une honte L'amour lambine encore sur ses lèvres Que je sens déjà dans les miennes Comme une chaude lave Ravageant les espaces innocents de mes rêves
Esclave d'un bonheur taquin Enchainé par ma propre liberté me voilà mouton de panurge A la remorque d'une magie d'un regard.
En ces lieux fantastiques Où viennent s'abreuver les arc-en-ciel où viennent s'agglutiner les âmes pique-assiette Sur des traces laissées par leurs ventres de chenille Toi, attends Tu attendras jusqu'à ce qu'elle décolère La crue de ce Rubicon de tes rêves Entends la voix du poète Pour que tu le franchisse à pieds secs
En ces lieux idyliques Où le soleil est containt d'éteindre Ses derniers feux, En ces lieux où se lève l'étoile du soir Dieu s'est penché jusqu'à l'oreille du poète
Dieu l'a sacré passeur De ce Rubicon qui coule De l'Est à l'Ouest de ton existence Répétant les soupirs de l'humanité agonisante Ce Rubicon qui coule jusqu'au secret de ton âme
Combien des rameurs!Combien des nageurs! sont partis sans jamais pouvoir le franchir Ce Rubicon qui n'a point de rives Où le penseur peut s'asseoir.
Tu le trouveras en ces lieux inhospitaliers Entre l'utopie et les angoisses de la raison Tu le trouveras En ces leiux dantesques Où s'étend le cimetière des mots Tu le trouveras En ces lieux inaccessibles Où l'ailleurs et le néant s'épousent Tu le trouveras.
Dis moi, A-t-il de rives L'océan qui charrie ton regard Pour qu'un soir J'y vienne m'asseoir
Dis moi Pendant quelle saison rentreras-tu dans la chrysalide Pour te méthamorphoser en ange?
Il faut que je cavale encore jusqu'aux portes de ton coeur Avant que tu ne t'envole Mais dis moi encore Accepteras-tu ces mots poussiéreux qui carricaturent mon expression Est-ce que je pourrai te parler Tant ta féminité exquise Ajoute un peu de levure à ma timidité! Arriverais-je à happer Un peu de cette mane dorée Que l'Ancien des jour suspend A l'aurore de ton visage.
Lorsque mon indiscretion que je confesse Est allé doublecliqué sur ton nombril tapis comme un jeune fauve en passe de sauter Sur sa proie J'ai tout senti La peur La joie L'émoi Le froid L'éffroi L'amour
Es-ce que je pourrai te parler Julie Car dans ton regard de diamant sans défaut jelis Que tu fûs un ange,q'un jour tu t'envoleras julie Cette perspective me lie Est ce que t'aimer devient un délit? Tu es une coupe d'extase, j'aimerais te boire juli Te boire sans fin jusqu'à la lie. Fille du pays de mes rêves!
Le mythe de la caverne est mon existence L'ombre mon séjour seules quelques lucioles vendent encore de l'espoir A la sauvette
A chaque instant il est trop tard la nuit est trop longue la lune n'a plus de souffle Le tam-tam n'a plus de voix Tout ne devient qu'épouvante et postiche
Le temps garde encore fermé Son oeil gigantesque peut-être pour toujours La nuit s'en va prêter une seconde vie A des créatures mortes ici le passé est futur Ici je me sens absent du présent Comme la flamme morte d'un tison éteint.
J’irai jusqu’en amont de vos larmes Là où les brigands du monde Font la pêche à la ligne Jeter un pont de baisers Sur cette rivière de souffrance
Mais je la traverserai Sur une barque de ferrailles Pour que je coule jusqu’au fond Goûter à la source de votre amertume Dieu m’en demandera la saveur
De la tombe de vos souvenirs J’effacerai toutes ces épitaphes Signées de leurs mains Ferment de la haine
Oubliez cette haine ! Regardez plutôt sur les fronts de vos fils Les empreintes sanglantes De la liberté Les graffitis de ces brigands du monde, Enterrez la hache de guerre
Regardez encore Au dessus de vos têtes Il est transpercé Par la flèche empoisonné De leur civilisation tentaculaire Le soleil saigne ! Ça coule des globules de temps Tout passe vite Les pluies n’obtempèrent plus Elles n'obéissent qu'au refus de nos incanttions legs de nos ancêtres.
Sur l’autel du Dieu de mes ancêtres J’immolerai les arcs-en ciel Et de leur sang multicolore Je ferai un breuvage Que boiront les hommes de cette terre Pour une humanité nouvelle Où tous auront la couleur de tous
Mais j’effacerai d’abord Leurs traces de serpent Laissées sur le sable chaud de ma conscience Je disperserai ces arcs-en ciel Que les sermons on calqués dans mon âme
Puis, Je déverserai avec colère Tous les orages de mes yeux Le poison de mes larmes Pour assassiner ces déserts Qui ont tendu leurs gorges sèches Afin sucer le fleuve de mes espoirs
Venez donc Quelques larmes de rattrapage Venez pleurer avec moi Dites moi Quel crime allons-nous commettre ? Point de crainte Si crime il y a Le paradis Sera peut-être notre dernière prison.