LA PSYCHOLOGIE REDECOUVRE LE POUVOIR DU PARDON
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Jan 1, 2008 7:51 pm
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Le pardon est un message clé de l’Evangile. Convaincu de la force du pardon, le Dr. Robert Enright, psychologue, a fondé en 1994, un Institut international du pardon, pour mettre en oeuvre des années de recherches sur la pratique du pardon et sur l’efficacité du pardon pour la guérison personnelle.
A l’origine, la psychologie thérapeutique était centrée sur le soulagement de la souffrance émotionnelle. Mais ceux qui l’ont fondé n’avaient pas cette vision particulière du monde de l’Evangile et dans certains cas la rejetaient même de façon catégorique.
La psychologie a traditionnellement progressé sur un chemin qui ne laissait aucune place à la Grâce. Ce qui a changé c’est la notion selon laquelle les personnes peuvent et doivent accueillir ce qui est positif et bon. Les philosophes et les théologiens ne seraient pas surpris par cela. Ils nous diraient même que ces idées ne sont pas nouvelles mais bien anciennes. Pour les psychologues toutefois, ceci est une révélation. Une partie de cette « nouvelle découverte » du bien, est le pardon.
L’efficacité du pardon en tant que thérapie est très variable. L’une des raisons en expliquant le succès mitigé de la thérapie est le temps et l’attention que le thérapeute accorde à son client.
Il faut du temps pour pardonner une injustice profonde. On insiste trop souvent sur une thérapie « brève » qui ne donne pas au patient suffisamment de temps pour faire le cheminement thérapeutique douloureux du pardon.
Les étapes d’une guérison à travers le pardon sont multiples :
Une autre des raisons du succès observé avec la thérapie du pardon est le principe de laisser la personne suivre son propre cheminement de pardon. L’essentiel de ce cheminement se traduit ainsi : tout d’abord la personne doit reconnaître qu’elle a été traitée injustement, elle doit reconnaître humblement qu’elle a été émotionnellement blessée et qu’elle est réellement furieuse.
Ensuite, si elle souhaite entreprendre une thérapie du pardon, elle doit comprendre ce qu’est le pardon et ce qu’il n’est pas. Par exemple, lorsqu’une personne pardonne à une autre, elle n’est pas en train de tolérer, excuser ou oublier le tort qui lui a été fait. Les deux personnes peuvent se réconcilier mais pas nécessairement.
Pardonner signifie réduire son ressentiment et faire croître sa bienveillance et son amour envers une personne qui a été injuste. Ceci est un choix individuel, un acte de volonté. Se réconcilier signifie que les deux personnes reviennent ensemble et retrouvent une confiance mutuelle. Mais pour cela la coopération des deux parties est nécessaire. On peut pardonner l’offense tout en restant méfiant.
Il est bon qu’ensuite la personne s’engage dans le « pardon cognitif ». Il s’agit de pensées et d’affirmations de pardon envers la personne qui a été injuste. Ce pardon cognitif peut se faire intérieurement, sans s’adresser à la personne qui est à l’origine de l’offense. Le pardon cognitif suppose entre autres le fait de considérer la personne dans son ensemble, sans la définir uniquement par ses actions mauvaises. Nous valons tous plus que nos actions. Nous sommes des personnes vulnérables. Nous sommes des enfants de Dieu.
Après le pardon cognitif vient le pardon émotionnel : la personne s’ouvre à la compassion et à l’amour envers cet enfant de Dieu qui l’a blessée. Ceci est difficile et peut prendre du temps. Certaines personnes ne sont pas prêtes pour cette démarche et il faut les respecter.
Cette compassion qui grandit dans le cœur humain envers des personnes qui ont été ou sont profondément injustes, reste un mystère pour nous. Il est évident que la grâce de Dieu agit, nous ne possédons pas le langage pour décrire cela pleinement. La science est limitée, comme le sont toutes nos tentatives humaines pour comprendre le mystère.
Au-delà du pardon émotionnel, il y a la tâche difficile de « porter le poids de la souffrance » due à ce qui s’est passé. Celui qui pardonne ne peut pas revenir en arrière et effacer le mal mais il peut, désormais, prendre la décision courageuse d’accepter la souffrance et d’être un canal pour le bien à l’égard de celui qui a offensé.
(...)
Dr. Robert Enright
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PARDONNER : POURQUOI ?
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Jan 1, 2008 8:40 pm
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Pardonner : un acte libérateur
Tu ressens une colère dont tu ne peux pas te débarrasser, tu es stressé, énervé ? Est-ce que tu t'es déjà demandé si tu avais à pardonner quelqu'un ? Ou même à te faire pardonner ? C'est la réponse qu'avancent de nombreux sociologues et psychologues contemporains à nombre de nos maux.
Selon certains psychologues, il y aurait 2 fois moins de monde en hôpital psychiatrique si les gens se savaient pardonnés. Le pardon, celui qu'on donne et celui qu'on reçoit, est au cœur de la santé mentale de l'homme.
Au Canada, les protestants ont proposé que, lors d'un procès en justice, l'offenseur rencontre la victime et qu'il y ait un échange entre eux jusqu'au moment où ils pourraient en arriver au pardon. Voici un exemple : un chauffard avait tué le fils d'une femme; le pasteur a demandé au juge qu'avant la sentence soit organisée une rencontre entre le conducteur et cette dame endeuillée de son fils. La mère a accepté de voir le chauffard. Cela s'est fait de manière très graduelle, tout d'abord à travers des vidéo-cassettes et un jour, dans une même salle, cette mère de famille éplorée a rencontré le chauffard. Lorsque l'homme a compris la peine qu'il avait causée à cette femme, il a fondu en larmes. La mère a été prise de sympathie pour cet offenseur et elle a demandé qu'on réduise la sentence, ce qui a été accordé par le juge.
Imaginez ce qui arriverait si, dans notre système judiciaire, on arrivait à introduire le pardon. Punir seulement les personnes ne les guérit pas, ne les aide pas à se réhabiliter, ni ne les aide à revenir dans la société. Souvent les prisonniers à leur sortie du pénitencier sont ulcérés et prêts à récidiver.
Aux Etats-Unis, un groupe de chercheurs a découvert qu'une « éducation du pardon » pouvait aider des étudiants qui avaient manqué d'attention et d'amour de la part de leurs parents et qui en souffraient psychologiquement. La valeur de soi, l'espoir, augmentaient, alors que diminuait leur anxiété.
En Afrique du Sud, il y a eu une commission "Vérité et Réconciliation" devant laquelle environ 15.000 victimes se sont présentées devant leurs bourreaux pour parler des injustices et des tortures qu'elles avaient subies. Plus de 5.000 tortionnaires étaient présents. Ils ont admis leurs crimes et ont été amnistiés. C'est la première fois dans l'Histoire que le pardon a été établi à un niveau national. Il y a là quelque chose d'extraordinaire. C'était l'évêque Desmond Tutu qui était derrière cette initiative. Il est convaincu que si on ne se pardonne pas, on va se détruire mutuellement et c'en sera la fin de l'existence humaine.
Le pardon devrait être l'acte par excellence du chrétien, à cause de l'insistance avec laquelle le Christ en a parlé. Dans d'autres religions, on va parler de pardon, mais jamais avec un tel radicalisme. Lorsque Pierre a demandé à Jésus : "est-ce qu'on doit pardonner jusqu'à sept fois ?", Jésus ne dit pas sept fois mais soixante-dix fois sept fois (Evangile de Matthieu ch. 18 v. 21-22). Est-ce que ça veut dire qu'il faudrait calculer 490 fois ? Non. Jésus n'avait pas en vue une comptabilité précise. Par ce chiffre symbolique, il voulait nous inviter à développer une attitude de pardon continuelle, qu'on en arrive à ce que ce soit notre première réaction devant une blessure, une offense qui nous a été faite.
Les effets du non-pardon
Quelles sont nos options si nous ne pardonnons pas ?
La première option qui se présente, c'est la vengeance. La vengeance est quelque chose de très naturel car elle vient d'une sorte d'instinct de justice. Tu m'as fait mal ; je vais te faire mal de la même façon. Les Juifs ont voulu qu'il y ait une sorte de modération dans la vengeance et ils ont créé la loi du talion : oeil pour oeil, dent pour dent. Si tu me crèves un oeil, je vais devoir te crever un oeil, mais je n'irai pas plus loin. C'est la loi des équivalences pour ne pas aller dans l'exagération de la vengeance.
Le danger de la vengeance, c'est la spirale de violence qu'elle engendre. On se demande pourquoi certains peuples se battent depuis parfois des siècles. La réalité c'est qu'un peuple a attaqué un autre et l'a humilié. Il existe alors ce qu'on appelle une mémoire collective. On se raconte de génération en génération les outrages faits par les "ennemis" et l'on entretient la haine. Parfois même l'identité nationale est basée sur les tortures, les humiliations, les guerres qui ont été faites.
Il y a des personnes qui disent " je ne me vengerai pas, mais je n'oublierai jamais !". Elles développent en elles une sorte de ressentiment. Ressentir, c'est sentir deux fois. Elles se rappellent l'offense et elles sentent toute l'agressivité qu'elles ont dans leur intérieur. Certains peuvent entretenir une rancune pendant plusieurs années. Mais sous couvert d'être plus acceptable cette attitude n'est qu'un autre type de vengeance : une vengeance passive, dont on parle peu. Souvent en effet, quand on parle de vengeance, on pense à quelque chose d'actif : faire mal à l'autre. Mais arrêter de faire en sorte que les autres soient heureux, arrêter de créer de la vie, c'est une manière de se venger des autres.
Si l'on ne pardonne pas et si l'on maintient en soi un ressentiment, on vit un stress continuel. Le ressentiment, c'est le pire sentiment que vous pouvez vivre. Il peut être à l'origine de l'hypertension, de l'arthrite et même de certains cancers. C'est tellement vrai qu'il y a une clinique de cancérologie aux Etats-Unis où les médecins se sont aperçus que les traitements de chimiothérapie ne marchaient pas, parce que les malades concernés avaient de la rancœur. Donc, avant de faire la chimiothérapie, ils demandèrent aux malades de pardonner. Et ça marchait mieux, pour ceux qui acceptaient !
Beaucoup de dépressions viennent aussi de l'amertume. La blessure a été enfouie ; on croit être passé par dessus. Mais on a un mal de vivre dont on ne connaît pas la cause. On ne sait plus vivre le présent et l'on n'a plus de projets d'avenir. En réalité, ce qui ne va pas, c'est notre blessure non guérie : inconsciemment, notre perception du monde passe toujours par cette blessure. Les professionnels qui travaillent sur le pardon se sont aperçus que les personnes blessées qui n'ont pu pardonner sont parfois des personnes "fragmentées". Qu'est-ce que ça signifie ? Lorsque quelqu'un agresse de façon violente une autre personne, cette dernière a très peur (comme dans un viol par exemple). À ce moment-là, il peut se produire un phénomène très curieux qu'on appelle l'identification à l'agresseur. Par ce qui semble être une tentative de survie, lorsqu'une personne a été blessée profondément, elle peut en arriver à s'identifier à l'agresseur. C'est comme s'il "entrait" en elle en quelque sorte. La personne se sent contaminée par l'agresseur, se perçoit comme lui (sale, violent, nul...). Elle devient double, victime et bourreau et continue de s'agresser intérieurement. Lorsqu'elle est fatiguée de s'agresser, elle peut devenir à son tour agresseur d'autres. On a remarqué que les personnes qui violent ou battent des jeunes ont souvent été abusées, elles aussi, dans leur enfance, et elles vont faire sur d'autres ce qu'on leur a fait.
Toutes ces choses (vengeance, ressentiment, dépression...) arrivent lorsqu'on ne fait pas face à notre blessure et qu'on ne la traite pas par le pardon. Mais ce sont des impasses, pas des passages obligés ! Le travail qu'on a à faire c'est d'aller chercher l'agression enfouie en nous, de la guérir et de la transformer. Toi, que vis-tu ? Es-tu heureux (se) ? (...)
* Le pardon ne signifie pas excuser.
Excuser, cela veut dire qu'on ne tient pas l'offenseur pour responsable de ses actes. Quelqu'un qui nous fait mal involontairement, sans le savoir, n'a pas à nous demander pardon, mais doit nous présenter ses excuses. Mais s'il nous blesse volontairement, il a voulu nous faire mal. Il n'est pas question de l'excuser. On a tendance à excuser l'offenseur en lui trouvant des circonstances atténuantes. On explique son geste ou ses paroles par la connaissance de sa vie. Mais une faute n'est pas excusable, quand bien même on peut l'expliquer.
* Le pardon ne change pas l'autre.
Quand on pardonne, quelque chose d'extraordinaire se passe, qui fait qu'éventuellement l'offenseur peut prendre conscience de sa conduite et changer de comportement et d'attitude intérieure. Mais on n'a pas de pouvoir sur l'autre. On a le pouvoir sur nous, le pouvoir de nous guérir et celui de nous libérer, d'avoir la paix et le pouvoir de prier pour l'autre personne. Mais il ne faut pas pardonner en pensant que c'est ce qui va faire changer l'autre. (...)
© atoi2voir.com 2006
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