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Ténèbres
 
A la suite de heloiseunsoir et de heloisepoems
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Comme des mots écrits sur des sables émouvants Jan 21, 2009 12:41 pm
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Je vis dans les décombres, tu n'es plus ma demeure
Je suis arbre sans toit, arbre mort, seul, pleureur
Il ne restera de moi qu'un vent solitaire
Une empreinte incertaine sur ta veine jugulaire

Et toi, me tournant le dos, le coeur à la vague
Vaguement perdu dans ton enfer, dans ton goulag
Tes massacres sur ma peau, sur mes reins cambrés
Ton regard traversier de mes soleils sombrés

Toi, le cheval guerrier hantant mes longues nuits
Tu me fuis, je te fuis, et le temps nous détruit
Quand je deviens ombre, ma main touche à ton visage
Ma main de macaque fouille à tes cheveux sauvages

Tu n'es plus, je ne suis plus, nous ne sommes plus rien
Que les gardiens des mots honnis, des mots vauriens
Le dernier écrivain, la dernière poétesse
Dans un monde hostile de tristesse et de détresse

Héloïse Cerboneschi
Lundi 19 janvier 2009
1 comment
SIN NOMINE Jan 6, 2009 1:40 pm
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Déjà l'aube
Et l'inertie des prostituées
Mordues par des loups de hasard

J'éteins la radio
Les morts des guerres noctambules se taisent
Le sang n'éclabousse plus nos draps
Froissés par d'autres combats

Déjà l'aube
Et l'inertie des mots de rupture
Cloués au fond de nos gorges

Je me rhabille
Le premier métro se remplit de regards
Hallucinés, malveillants, affamés
Des objets blancs passent de main en main

Déjà l'aube
Et l'inertie de mes pensées
Me fait tanguer et somnoler

J'ai raté ma station
De vieux sphinx me dissèquent du coin
De leurs pupilles dilatées par le shit
J'ai oublié les réponses salvatrices

Déjà l'aube ou déjà la nuit
Les stations défilent
Le métro ne s'arrête plus

Ils m'ont tous accompagnée
Le joueur d'échecs et sa diagonale
Le joueur de saxo du Pont Notre-Dame
Le Peuple des Clowns qui m'applaudit

Déjà la fin du voyage
Il ne reste qu'une bougie à souffler
Et je la souffle

Héloïse Cerboneschi
31 décembre 2007 ou 2008
Le temps n'est qu'une illusion
2 Comments
Ecrire sur des entrailles Dec 22, 2008 2:43 pm
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Ce que j'écris semble être des mots
Mais ce sont des morsures
Le papier saigne sous mes doigts
Tout devient illisible
Le noir de l'encre dégouline comme un deuil
Sur un océan de baleines éventrées

Ecrire sur des entrailles est terrifiant
J'écrivais déjà ainsi dans le ventre qui me portait
J'écrivais encore sur le front de toutes mes guerres
Mes mots, je crois, ont dépecé ceux que j'aime
Il me faut arrêter ce massacre, arrêter d'écrire
Ce que j'écris est maléfique

Héloïse Cerboneschi
Mercredi 22 octobre 2008
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Rupture/Soudure Dec 22, 2008 2:42 pm
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Rupture
J'ai pris trop de ces substances nocives
Rupture est un mot mauvais comme
Ordure
Ma laideur, mes mensonges, mon âme de vaurienne
Vous les êtres de l'ombre, foutez tout ça au broyeur !

Pourtant, laissez moi encore imaginer
Ces heures tièdes et lourdes qui pâlissent
Subitement nos peaux nues et cernent
Nos regards des rayons d'une lune nordique
Laissez moi encore extirper quelques gouttes
D'un sperme qui ne nourrira plus mes entrailles

J'ai pris trop de ces substances nocives
J'entends ta voix qui me dit « meurs cette nuit »
J'ai froid. Je suis sourde, aveugle et j'ai froid
Les arbres de ma rue ont été décapités
Une petite pluie hargneuse frappe à mes tempes
J'ai froid mais je ne mourrai pas cette nuit

Rupture
Demain, j'aurai évacué mes substances nocives
Le mot ordurier souillera mes objets blancs
Rupture ou son contraire, soudure
Mais la lune nordique qui sait tout de moi
Me murmure sans pitié « n'y pense même pas »

Héloïse Cerboneschi
Samedi 11 octobre 2008
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Sadness of my soul Dec 22, 2008 2:39 pm
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Et s'achèvent mes multiples chevauchées
Dans la déchirure d'un automne rugueux
Ce soir, demain, dans ma ville barbare
Je mettrai sans regrets pied à terre
Dans un mois, dans dix ans, guère plus
D'obscure et imprévisible survie
Je dormirai six pieds sous terre

Le bleuté pâle de mon regard
L'argent morte-lune de mes cheveux
Mon corps jamais assagi
Mes folies, mes mensonges, mes excès
Mes mots, ma tristesse, mes gestes d'amour
Tout serpentera sous terre, sous tes pieds
Et tout de moi te manquera

Héloïse Cerboneschi
Vendredi 14 novembre 2008
0 Comments
Cendres d'octobre Dec 22, 2008 2:37 pm
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Je touche à ma peau
Et mes doigts se couvrent de cendres
Le feu s'est éteint dès la fin de l'été
Il ne reste rien à tisonner

J'étais le reflet de ta pensée, de ton regard
Nos ombres pleuraient sans bruit
Et veillaient longtemps, très longtemps
Quand l'étreinte se desserrait

Reste-t-il un endroit de ton corps
Où je n'ai pas versé mes larmes ?
Pourquoi ma main est-elle en sang ?
Pourquoi ai-je bu tout ce vin ?

J'ai ressorti mon petit violon suicidaire
Je n'ai jamais su en jouer
Combien de nuits allons-nous gémir pour toi ?
Avant que tu ne reviennes

Héloïse Cerboneschi
Dimanche 12 octobre 2008
0 Comments
Le sang des serpentins Dec 22, 2008 2:35 pm
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La tristesse est sortie de mes yeux
En larmes de rasoir
Un trait d'épervier sur ma veine indigo
Et le sang, le sang audacieux a jailli
Salopant ma belle peau de joyeux serpentins
Joyeux, jusqu'au moment où ils tombaient
Se tordant de douleur
Sur mes bottes noires bien cirées

Le Peuple des Clowns est venu applaudir
Quelqu'un a éteint les lumières
La fête était terminée, les serpentins balayés
Le funambule s'est laissé tomber d'une étoile
Pour me serrer contre son coeur brisé
Par l'écuyère infidèle
Meurs avec moi m'a t-il dit en me berçant
Dangereusement. Après je ne sais plus...

Héloïse Cerboneschi
Samedi 6 décembre 2008
23 h 55
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Pensées cosmiques (2) Dec 16, 2008 11:25 am
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Dans cette ville, où l’on ne naît ni ne meurt jamais par hasard, des hommes distribuent un bonheur malfaisant
Ni toi ni moi ne faisons la queue pour en prendre notre ration quotidienne

Ma passion de toi, mon mal de toi
Tiennent dans une seule main
Celle qui broie les étoiles pour en extraire la pulpe de la nuit
Dans cette main rustique, je garde un vestige de bonheur bienfaisant. Un bonheur qui n’existe plus
Toutes ces carotides tranchées, tout ce sang qui sert à teinter les vitraux des cathédrales, toute cette neige qui s’incruste jusque dans les orbites des statues…
Seuls les enfants restent impavides. Malgré leur cruauté, ils ont toujours cette grâce qui fait qu’on ne les confond pas avec les adultes. Pas encore…

Ce vestige que je garde dans ma main, je viendrai le déposer sur ton front le jour où je ne pourrai plus faire la guerre
Non Mon Amour ! Je ne sais pas quand je te reviendrai. Faire la guerre tous les jours m’épuise. Tant de sang dans les rues et si peu dans mes veines

Les quémandeurs de bonheur malfaisant sont de plus en plus nombreux. On a tracé des sillons partout pour eux. A condition de ne pas en sortir, ils sont dispensés de faire la guerre

Le petit garçon du quatrième étage a approché une chaise de la fenêtre de sa chambre. Puis il a appelé la petite fille du premier étage et lui a demandé d’apporter sa poupée. Il a posé la poupée en équilibre sur la rambarde de la fenêtre
Les enfants inventent des jeux de plus en plus effrayants

Je me suis enfin décidée à écrire la suite de tous les livres que je n’ai pas lus. J’ai retrouvé le titre de celui qui reposait sur le ventre de ma mère tandis qu’elle attendait ma naissance pour la dernière fois

J’aimerais revenir me coucher sur ton ventre. J’aimerais que tu ouvres les yeux pour ranimer l’étoile que tu as laissée mourir. Tes yeux sont restés fermés depuis si longtemps. Est-ce parce que tu as fait la guerre plus durement que moi ?

Samedi 14 juin 2008
0 Comments
Pensées cosmiques (1) Dec 10, 2008 2:37 pm
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Je pense à l’étoile que tu as laissé mourir sur mon ventre et je vois, par delà mon rêve unique, grandir les citadelles de feu

La neige a eu un orgasme tardif. Un bandeau noir sur les yeux, les enfants balaient les squares pour dégager les soldats ensevelis
Je voudrais ne faire la guerre qu’un jour sur deux mais je saigne trop, tant et tant que les ailes des oiseaux sont devenues bleu de nuit
Il ne faut plus parler aux femmes qui dorment sous le Pont Neuf. Elles volent les vitraux des cathédrales pour orner leurs robes de pacotille

Et pourtant je crois t’aimer encore. Je crois même t’aimer davantage que celui que j’ai tué en oubliant de faire la guerre

J’écris une suite à tous les livres que je n’ai jamais lus. En fait il y en a bien peu et j’espère avoir terminé avant le prochain orgasme de la neige
Un soldat a été dégagé et ranimé par la petite fille du premier. Le conservateur du musée lui a donné une récompense magnifique mais il a fallu que le petit garçon du quatrième l’aide à trancher la carotide
Si seulement je pouvais me rappeler le titre du dernier livre que je n’ai pas lu. Je revois la couverture telle qu’elle m’est apparue posée sur le ventre de ma mère

Oui ! Je t’aime Je t’aime Je t’aime ! Il ne faut pas m’en vouloir si je laisse passer plusieurs orgasmes avant de revenir dormir dans ton lit blanc de neige

La neige a pris une drôle de couleur. Les enfants ne prennent pas assez de précautions pour dégager les soldats ensevelis. Il leur est formellement défendu de retirer leur bandeau noir
Une femme du Pont Neuf s’est noyée. Sa robe trop lourde l’a déséquilibrée et l’eau du fleuve s’est refermée sur elle telle une pieuvre aux tentacules multicolores. Les soldats ensevelis suppliaient que l’on fasse vite pour qu’ils puissent, eux aussi, admirer le spectacle
Je devrais cesser de penser aux livres que je n’ai jamais lus. L’étoile s’est incrustée dans mon ventre mais je n’ai plus de sang à lui offrir. Elle va mourir pour la seconde fois

Si je t’aimais moins, je serais déjà morte. Encore quelques orgasmes de neige et je te promets de revenir me coucher sur ton ventre. Tu sais bien que la neige a pris une couleur qui brûle à ma peau

Mercredi 11 juin 2008
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